Un mois après l'incendie d'un camion de pompiers en marge d'une manifestation lycéenne à Marseille, un marin-pompier revient sur cette scène. À 29 ans, le second maître Jean témoigne des conséquences de cette agression sur son quotidien et dénonce des violences qui compliquent la mission des secours.
Un équipage pris à partie
Jeudi 1er octobre au matin, en marge d'une manifestation lycéenne à Marseille (Bouches-du-Rhône), le second maître Jean, marin-pompier de Marseille, dirige un équipage venu éteindre un simple feu de déchets. Le camion est caillassé, pillé puis complètement incendié.
Selon Jean, « il y a eu un gros mouvement de foule qui se dirige vers nous, commence à dépouiller le camion. Tant bien que mal, on essaie de faire diligence sur notre camion pour essayer de faire partir ces jeunes individus. Et c'est là que nous avons été pris à partie par des jets d'objets, de cailloux, etc. »
Il explique que l'objectif était d'abord de raisonner les personnes présentes. « Malheureusement, je pense que le fait qu'il y ait eu un mouvement de foule, la situation a été totalement incontrôlable. » Au milieu du chaos, l'équipage est contraint d'abandonner son véhicule pour se mettre en sécurité.
Une colère et un changement de comportement
Jean a revu les images à de nombreuses reprises, et sa colère reste entière. « Je ressens de l'incompréhension parce qu'on sait qu'on met notre vie en danger pour des feux, mais pas pour ce risque-là, pas être pris à partie par des individus. Un camion en moins qui a été brûlé, c'est des secours en moins pour la population. »
À 29 ans, après sept ans de service chez les marins-pompiers, Jean reconnaît que cette agression a modifié sa manière de travailler. « Il y a de la peur qui a été ressentie, peur de l'équipage. Donc oui, ça change, ça change totalement. Donc on fait de plus en plus attention à notre environnement extérieur. »
Un nouvel acte de violence
Dimanche 1er novembre, un pompier des Bouches-du-Rhône, appelé pour un feu de véhicule, a été agressé au fusil de chasse aux Pennes-Mirabeau. Jean condamne cet acte : « On soutient notre camarade qui a subi ces faits. Il faut respecter l'uniforme, respecter les personnes qui sont là pour vous, et avant tout, on est là pour vous protéger. »
En France, d'après le ministère de l'Intérieur, quatre agressions en moyenne sont commises chaque jour contre les pompiers.
