La mobilisation lycéenne bouleverse l'organisation et le fonctionnement des établissements. Le contrôle de l'assiduité est difficile, entre les élèves qui manquent les cours pour bloquer, ceux qui sont empêchés d'entrer en classe et ceux qui sèchent. La question du relevé des absences et de leur motivation est source de tensions entre directions, parents, professeurs et élèves.
Un décompte qui apparaît sur le bulletin
Chaque absence est recensée, et le décompte total figure sur le bulletin trimestriel. Selon son site, la plateforme d'inscription dans l'enseignement supérieur Parcoursup récupère, dans les bulletins de première et de terminale, les seuls éléments qui correspondent aux notes, aux appréciations des enseignants et au positionnement de l'élève dans son groupe (rang, moyenne, effectif).
« Aucune information spécifique sur les absences n'est demandée ni collectée sur Parcoursup », précise le site. Le seul cas possible est celui où un enseignant a mentionné ces absences dans son appréciation trimestrielle. Cette possibilité inquiète néanmoins parents et élèves. Christy, en terminale à Saint-Denis, espère ne pas être pénalisée. « On a eu beaucoup de chance, glisse-t-elle. Nous, nos profs nous ont énormément soutenus. Je n'ai pas eu énormément d'absences puisque beaucoup de mes profs bloquaient eux-mêmes et donc ne faisaient pas cours. »
Pas de consigne nationale, une « pression aux absences » dénoncée
Dans ce contexte, et au vu du très grand nombre d'absences liées au mouvement, aucune consigne particulière n'a été donnée aux rectorats, affirment plusieurs académies, comme Rennes, Créteil, Orléans-Tours ou Montpellier. « Au niveau national, je n'ai vu aucune consigne particulière, assure Stéphane Bolo-Lumbroso, proviseur d'un lycée à Chartres et secrétaire du SNPDEN, le syndicat majoritaire des chefs d'établissement. Donc, il n'y a pas de consignes nationales. Notre recteur nous a dit justement d'éviter de faire du zèle, d'être bienveillants. Ce n'est pas l'urgence de récupérer les justificatifs d'absence. Je pense qu'il a raison. Donc, je dirais chacun fait comme il veut. »
Une autre appréciation se fait entendre dans les rangs enseignants. Maïtané Cocagne, enseignante et porte-parole du Snes dans l'académie de Bordeaux, dénonce une situation différente depuis le retour des vacances : « À cette rentrée, on observe une forme de répression du mouvement avec cette pression aux absences. Pour nous, c'est intolérable. Alors même que le Snes-FSU demande l'exact inverse au ministre. » L'antenne bordelaise du syndicat prévoit, mercredi 4 novembre, d'interpeller le rectorat à ce sujet.
