Plusieurs changements entrent en vigueur dimanche 1er novembre. Le prix du gaz augmente pour une majorité de ménages, tandis que les prix à la pompe devraient baisser. Les retraites complémentaires du privé sont revalorisées, les petits colis sont davantage taxés et les crédits à la consommation sont plus encadrés.
Énergie et logement
La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a annoncé mi-octobre que le "prix repère de vente de gaz" (PRVG) augmentera en moyenne de 6,6 % au 1er novembre, dans un communiqué. Elle évoque la "conséquence d'une augmentation des prix sur les marchés du gaz au mois de septembre comparativement à août". Si la situation reste "à peu près stable d'ici la fin de l'année", la facture annuelle 2026 pourrait être en moyenne 11 % plus élevée que celle de 2025, soit une hausse d'environ 135 euros.
En novembre, la CRE évalue l'impact à 12 euros en moyenne pour les consommateurs dont les offres sont indexées sur ce prix, soit 6 millions de ménages. Les foyers ayant souscrit une offre à prix fixe ne sont pas concernés.
À la pompe, le gouvernement attend une baisse après la publication du décret permettant la libération de stocks stratégiques de gazole, annoncée début octobre par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Il espère ainsi réduire le prix du gazole de 12 à 18 centimes par litre, alors qu'il oscille depuis début octobre entre 2,3 et 2,4 euros en moyenne, selon les chiffres du gouvernement. Le décret oblige les distributeurs à répercuter intégralement la baisse sur les consommateurs et à les en informer avant la vente.
La trêve hivernale débute également dimanche. Inscrite dans la loi depuis 1956, elle suspend les expulsions de locataires entre le 1er novembre et le 31 mars, "sauf exceptions prévues par la loi". Les coupures d'électricité et de gaz pour impayés sont interdites dans les résidences principales pendant toute la durée de la trêve.
Retraites et accidents du travail
Les partenaires sociaux ont décidé mi-octobre de revaloriser de 1,4 % les pensions complémentaires du privé pour 2027, au bénéfice de 14 millions de retraités. Issues du régime Agirc-Arrco, ces retraites représentent une part très variable de la pension totale, environ 30 % pour les salaires les plus faibles et 60 % pour les cadres. La CGT a voté contre ce taux, tandis que les trois organisations patronales, la CFDT, la CFTC et FO l'ont approuvé.
"On aurait aimé une revalorisation plus importante (...) mais on a agi en responsabilité", a réagi Fabien Guimbretière, secrétaire national de la CFDT. "On ne pouvait pas se permettre de ne pas revaloriser", a affirmé Séverine Privat, chargée des retraites à Force ouvrière, à l'issue des négociations.
Le plafond des indemnités journalières après un accident du travail ou une maladie professionnelle est également abaissé. Il passe à 1,8 smic, contre plus de 3 actuellement, pour les arrêts qui surviendront à compter du 1er novembre. Selon une lettre transmise aux partenaires sociaux et consultée par l'AFP, cette mesure doit permettre de dégager environ 270 millions d'euros d'économies en 2027. Le ministère du Travail estime qu'elle affectera 14 % des arrêts, représentant 28 % de la dépense. Le complément employeur, prévu pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté, compensera dans la majorité des cas la baisse.
Consommation et circulation
Près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l'Union européenne en 2025, soit quatre fois plus qu'en 2022. Sur ce total, 93 % provenaient de Chine, généralement via des plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress. Depuis le 1er juillet, Bruxelles impose une taxe de 3 euros sur chaque catégorie de produits contenus dans les colis d'une valeur inférieure à 150 euros. À partir du 1er novembre, des "frais de traitement" de 2 euros s'y ajouteront, afin de financer le renforcement des contrôles douaniers.
À partir du 1er novembre, les véhicules circulant dans des communes montagneuses de 34 départements doivent aussi être équipés de pneus hiver, de chaînes ou de chaussettes à neige, jusqu'au 31 mars. Les pneus hiver portent le marquage 3PMSF.
Enfin, les règles encadrant les crédits à la consommation seront renforcées à partir du 20 novembre, selon un décret paru en février au Journal officiel. Ce texte vise à réduire les risques de surendettement et transpose en droit français une directive européenne.
