À l'approche du 31 octobre, les autorités redoutent une soirée sous tension. Entre manifestations des Gilets jaunes aux références macabres, risques de violences urbaines et présence annoncée de groupes d'ultra-droite, les forces de l'ordre se préparent à une journée jugée particulièrement sensible.
Une affiche inspirée d'Halloween
Pour leur manifestation de samedi 31 octobre, les Gilets jaunes s'inspirent des codes de la fête d'Halloween et de l'imaginaire inquiétant des films d'horreur. Ces images sont assumées par Damien Fora, organisateur de la manifestation à Marseille (Bouches-du-Rhône). "C'est une affiche forte de sens avec des couleurs qui tapent à l'œil. La fête d'Halloween, parce que c'est le 31, avec des couleurs rouge vif qui font que l'on veut vraiment vivre dignement", explique-t-il.
Dans un télégramme adressé à tous les préfets, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, redoute des rassemblements dans les centres-villes et signale un risque de violence urbaine "très élevé". "C'est bien évidemment une journée qui présente à bien des égards un caractère atypique. Elle va commencer avec des rassemblements en cours de journée et elle se poursuivra très probablement dans la soirée. Le prétexte de la nuit d'Halloween ne sera pas un motif légitime pour se dissimuler le visage dans l'espace public pour commettre des troubles en public, que les choses soient claires", a-t-il averti.
Selon le texte source, Halloween déborde depuis une dizaine d'années largement de son cadre festif et débouche sur des violences urbaines en soirée. Ce week-end s'annonce donc à haut risque, et certains commerçants s'en inquiètent, notamment à Marseille.
Des commerçants inquiets
"Il y a eu une grosse crainte parce qu'il y a eu des précédents qui ont marqué tous les esprits et avec des dégâts considérables quand même. Marseille est une des villes de France qui a eu le plus d'impact. C'est un samedi très particulier, très anxiogène", confie Nicole Richard-Verspieren, présidente de l'association Commerces 13.
Pour limiter l'impact sur les commerces, le gouvernement confirme vouloir interdire les manifestations en centre-ville. À Paris, le parcours souhaité par les Gilets jaunes risque d'être retoqué, tout comme celui demandé par les syndicats. La préfecture propose un trajet alternatif en lisière de la capitale.
Contre-manifestations et interdictions
Les forces de l'ordre font également face à la présence annoncée de contre-manifestants de l'ultra-droite dans plusieurs villes de France, comme lors du week-end dernier. En Île-de-France, un colloque et une manifestation ont été interdits par la préfecture de police, qui évoque des risques de troubles à l'ordre public.
