Jordan Bardella : des journalistes quittent la soirée de lancement de son livre après un refus d'accès à Mediapart

Jordan Bardella : des journalistes quittent la soirée de lancement de son livre après un refus d'accès à Mediapart

Trois journalistes, dont un membre de Mediapart, se sont vu refuser l'accès à la soirée de présentation du livre de Jordan Bardella, Gouverner, mercredi 4 novembre, dans l'ouest parisien. Le Rassemblement national évoque une "soirée privée", tandis que la présidente de Mediapart dénonce une "censure".

L'incident est survenu peu avant 20 heures, dans une salle de réception de l'ouest parisien. Alors que des dizaines d'invités arrivaient à la soirée organisée par la maison d'édition Fayard à l'occasion de la présentation du troisième livre de Jordan Bardella, trois journalistes se sont vu refuser l'accès au Pavillon Wagram, a constaté une journaliste de France Télévisions sur place. Selon l'AFP, l'un d'eux, qui travaille pour Mediapart, disposait d'un billet nominatif. Le deuxième appartient à la rédaction de Politis, et le troisième est journaliste indépendant.

Victor Chabert, directeur du service de presse du RN, a justifié ce refus auprès de l'AFP : "C'est une soirée privée, ils ont été signifiés qu'ils n'étaient pas accrédités." L'agence souligne toutefois que de nombreux autres médias avaient obtenu une accréditation.

La présidente de Mediapart, Carine Fouteau, a réagi : "En excluant ou violentant les journalistes, l'extrême droite révèle son vrai visage." Elle dénonce "avec force" la "nouvelle entrave" faite à son journaliste, qu'elle qualifie de "censure". En signe de protestation, la quasi-totalité des journalistes inscrits ont quitté les lieux, à l'exception notamment des médias du groupe Bolloré, maison-mère de Fayard, selon l'agence de presse.

Un contexte de tensions avec Mediapart

Cet épisode s'inscrit dans un climat de vive tension entre le RN et Mediapart, depuis la divulgation, fin septembre, d'écrits de jeunesse antisémites attribués à Jordan Bardella. Le président du Rassemblement national nie ces accusations et a déposé plainte pour diffamation. Le site d'investigation avait déjà été chahuté par des militants, et évacué par le service d'ordre à deux reprises, lors du congrès du RN et du premier meeting de campagne de Marine Le Pen, fin octobre à Orléans.

Une protestation devant le Pavillon Wagram

En marge de la soirée, une quinzaine de militants du collectif contre l'antisémitisme "Nous vivrons" s'étaient regroupés devant le Pavillon Wagram. Pancartes et mégaphones en main, ils ont notamment scandé "Pas d'antisémites en République" et "Bardella ton antisémitisme ne s'efface pas".

Jordan Bardella a réagi sur X, avant même son arrivée sur les lieux, en accusant "l'extrême gauche manifeste contre... un livre". Selon lui, ce rassemblement traduit une "nostalgie des régimes totalitaires chaque jour plus inquiétante". Le collectif lui a répondu sur le même réseau social, établissant un parallèle avec La France insoumise : "Vous utilisez le même rayon paralysant que l'extrême gauche pour disqualifier des militants qui luttent contre l'antisémitisme." Il a ajouté : "Notre seul camp c'est celui de la République, qui est le meilleur rempart à l'antisémitisme, et vous n'en faites pas partie."

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