Le Parti républicain a perdu le contrôle du Congrès américain à l'issue des élections de mi-mandat, en cédant la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants. Les résultats, qui se sont dessinés dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 novembre, donnent une large avance aux démocrates. Ce basculement ouvre une période d'incertitude pour Donald Trump, à deux ans de la fin de son second mandat.
Les démocrates prennent la main sur les deux chambres du Congrès
Au Sénat, la chambre haute, le camp démocrate dispose désormais d'au moins 54 sièges, soit sept de plus qu'avant le scrutin. Ce nombre suffit à obtenir la majorité absolue, fixée à 51 élus.
À la Chambre des représentants, les républicains disposaient jusqu'ici d'une courte majorité, avec 218 sièges contre 214. Les démocrates ont remporté au moins 228 sièges, selon le décompte en temps réel.
Sur fond de mécontentement lié au coût de la vie et à la guerre au Moyen-Orient, qui dure depuis février, les électeurs ont plébiscité les candidats démocrates. Donald Trump a assuré au New York Times qu'il accepterait le résultat des élections. Il a toutefois précisé sur sa plateforme Truth Social qu'il userait de son droit de veto contre les lois adoptées par les démocrates.
Des Etats historiquement républicains basculent
Au Sénat, les démocrates ont repris au moins sept Etats jusqu'ici aux mains des républicains. Le Grand Old Party, l'autre nom du Parti républicain, n'a pour sa part rien arraché à ses adversaires et doit se contenter de conserver les Etats déjà acquis.
Au Texas, le démocrate James Talarico a remporté le siège en jeu face à Ken Paxton, proche allié du président américain. Dans ce territoire pétrolier et agricole, Donald Trump avait gagné avec 14 points d'avance lors de l'élection présidentielle de 2024. « Ce soir, nous avons battu Goliath », a réagi le nouvel élu démocrate. Aucun démocrate n'avait remporté une élection sénatoriale dans cet bastion républicain depuis 1988.
En Caroline du Sud, la démocrate Annie Andrews devient la première sénatrice démocrate élue dans cet Etat depuis 1998. Elle l'emporte face à la républicaine Darline Graham, qui avait remplacé son frère, Lindsey Graham, mort en juillet, à la chambre haute.
Les démocrates ont également fait basculer des sièges en Caroline du Nord, dans l'Iowa et dans l'Ohio, des Etats tous remportés par Donald Trump en 2024. Dans son bastion de Floride, les candidats républicains ont conservé les sièges de sénateur et de gouverneur.
Des pertes importantes, mais pas historiques, pour les républicains
Au Sénat, le camp de Donald Trump cède sept sièges, au Texas, en Caroline du Sud, en Caroline du Nord, au Kansas, dans l'Iowa, dans l'Ohio et dans le Maine. Lors des midterms de 2018, après les deux premières années du premier mandat de Donald Trump, les républicains avaient gagné deux sièges à la chambre haute.
Les élections de mi-mandat sont traditionnellement défavorables au président en place. En 2014, le démocrate Barack Obama avait concédé neuf sièges, tout comme Bill Clinton en 1994. En 1986, le républicain Ronald Reagan en avait perdu huit. Dwight Eisenhower détient le record, avec 12 sièges républicains perdus en 1958.
À la Chambre des représentants, les 25 élus perdus par Donald Trump sont moins nombreux que les 41 sièges concédés lors de ses midterms de 2018. En 2010, Barack Obama avait perdu 63 sièges.
« Je ne considère pas que c'était dirigé contre moi », a réagi mardi soir le président, âgé de 80 ans, en refusant d'endosser la responsabilité de la défaite. Il avait déclaré plus tôt sur Truth Social que les républicains auraient gagné s'il avait été lui-même « sur les bulletins ».
