Mobilisation du 5 novembre : la journée est "classée à risque" par le renseignement territorial, avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés

Mobilisation du 5 novembre : la journée est "classée à risque" par le renseignement territorial, avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés

Entre 500 000 et 700 000 manifestants sont attendus jeudi dans les cortèges partout en France, sans compter la région parisienne, selon une note de la Direction nationale du renseignement territorial consultée par franceinfo. Le document classe la journée du 5 novembre « à risque » et redoute « de nombreuses violences » ainsi que des dégradations de bâtiments publics.

Une mobilisation aux « formes hybrides »

La note, révélée par RTL, évoque une mobilisation aux « formes hybrides ». Elle prévoit que « très nombreux établissements scolaires et universitaires » seront bloqués à partir de 7 heures, dans la continuité du mouvement des lycéens et des étudiants. Plusieurs centaines de cortèges et de rassemblements syndicaux sont attendus dans tout le pays à partir de 10 heures, et de nombreux salariés et fonctionnaires seront en grève toute la journée, avec des perturbations attendues dans plusieurs services publics.

Une coordination des gilets jaunes appelle aussi à participer aux actions et à maintenir la pression jusqu'à samedi, qui doit être la quatrième journée d'action en un mois contre la vie chère. Selon le renseignement territorial, « la journée devrait sceller la jonction entre plusieurs luttes et oppositions ».

Le document souligne que « la participation s'annonce aussi massive que le risque de troubles à l'ordre public est élevé ». Il évoque la présence possible de « groupes à risque » venus « des quartiers périphériques », ainsi que la présence simultanée, dans de nombreuses villes, d'« émeutiers sans motivation idéologique » et de membres de l'ultra-gauche « particulièrement organisés, aspirant à la déstabilisation de l'Etat et de toutes les formes d'autorité ». Selon la note, les « exactions » des samedis 24 et 31 octobre ont été « maîtrisées » grâce à des « mesures prophylactiques et sécuritaires exceptionnelles ».

Un dispositif de sécurité renforcé

Quelque 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés jeudi, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, lors d'une conférence de presse mercredi soir. Il a précisé que le dispositif est « exactement le même » que celui du 31 octobre. Selon lui, la place Beauvau a fait appel, comme les semaines précédentes, à des unités d'élite, dont le Raid, le GIGN et la BRI, ainsi qu'à « 26 blindés Centaure » de la gendarmerie, à une « quinzaine d'engins lanceurs d'eau », à des hélicoptères et à des drones.

Le ministre a identifié trois risques parmi les 220 actions annoncées : les « blacks blocs », les « cortèges sauvages » et « les pillages et dégradations de commerces ou de bâtiments publics ». « La réponse, s'il devait y avoir des volontés, des velléités d'exaction, sera d'une extrême fermeté, d'une extrême fermeté », a-t-il martelé. « On ne tolérera pas de débordement, il y aura des interpellations », a-t-il prévenu.

Le ministre a également insisté sur la dimension syndicale de la journée : « Cette journée du 5 est un rendez-vous important pour les organisations syndicales. Elle doit se tenir dans le calme. Si cela ne devait pas être le cas, notre réponse sera extrêmement ferme. »

Lors de la première journée de mobilisation nationale, le 17 octobre, à l'appel des gilets jaunes, des organisations syndicales et des mouvements d'étudiants et de lycéens, 60 000 membres des forces de sécurité intérieure avaient été mobilisés. Après les violences et les pillages survenus lors de certains rassemblements ce jour-là et le lendemain, la sous-estimation du mouvement en amont figurait parmi les explications avancées aux difficultés des forces de l'ordre. Emmanuel Macron a notamment pointé les « défaillances » du renseignement intérieur.

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