À Paris, des lycéens restent mobilisés mais divisés sur la suite du mouvement

À Paris, des lycéens restent mobilisés mais divisés sur la suite du mouvement

Samedi 31 octobre à Paris, les lycéens rencontrés dans le cortège se disent peu convaincus par les annonces du gouvernement et entendent poursuivre leur mobilisation. Ils s'interrogent toutefois sur la suite à donner aux blocages, un sujet qui divise leurs établissements.

Smaïl, 16 ans, scolarisé à Melun (Seine-et-Marne), est devenu un habitué des manifestations et des blocages. Ce samedi, il a retrouvé dans le cortège Baptiste, Slade et Adam, rencontrés au cours d'un blocage ou lors des défilés depuis le début du mouvement lycéen. « Soit on obtient une réponse à toutes nos revendications et on retournera en cours, soit on continue », explique cet élève de seconde, en réaction aux récentes annonces du gouvernement.

Baptiste, scolarisé à Evry-Courcouronnes (Essonne), juge pour sa part que les réponses de l'exécutif sont des « demi-mesures » destinées à « faire taire la colère ». Il cite le remplacement de Parcoursup en 2028, la création de postes et la rénovation du bâti. Lui et ses camarades évoquent des classes « surchargées », des bâtiments où il « fait trop froid l'hiver et trop chaud l'été », ainsi que des sanitaires dégradés. Ils espèrent surtout que les blocages se poursuivront, comme l'ont demandé les leaders du mouvement lycéen et étudiant.

Avant le départ de la manifestation, qui s'est déroulée dans le calme, l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante ont promis de poursuivre la mobilisation dès la rentrée. Des assemblées générales sont prévues lundi, en vue de mettre en place des blocages à partir de mardi. Le cortège a rassemblé 70 000 personnes à Paris selon la préfecture de police, et 200 000 selon les organisateurs.

Des annonces jugées insuffisantes

Hannah et Nélia, qui vivent et étudient dans le 4e arrondissement de Paris, disent partager la colère de leurs aînés, tout en reconnaissant n'avoir pas à se plaindre de leurs propres conditions. « Mais on pense aux lycéens défavorisés et leurs bâtiments délabrés », expliquent-elles d'une même voix. Aucune des deux n'a été satisfaite par les annonces. Nélia compare celles-ci à la COP : « On signe des traités mais derrière, que se passe-t-il ? Rien. Tant que les mesures ne se traduiront pas dans la vraie vie, il faut continuer. » Elle y voit des « paroles en l'air », car le président Emmanuel Macron « ne sera plus là le jour où elles pourraient être appliquées ».

Dans la foule, où les pancartes « Bravo la Gen Z » côtoient des messages plus politiques contre le gouvernement, Arthur et Joseph, élèves en terminale, dénoncent la « répression policière ». Joseph voit dans les annonces un « début de réponse », signe selon lui que les mobilisations fonctionnent. Arthur reste sceptique : « On ne sait pas par quoi cela va être remplacé », regrette-t-il au sujet de Parcoursup. Il redoute en outre que « l'on ne retienne que les violences du 17, du 24 et peut-être du 31 octobre ».

Les deux lycéens s'interrogent aussi sur la suite. Leur établissement a été bloqué pendant deux semaines avant les vacances scolaires. « Il y a débat. Certains sont pour, d'autres commencent à penser au bac à la fin de l'année, et puis cela crée des tensions au sein du lycée », concède Joseph, qui affirme que rien n'est tranché dans son lycée. Le mouvement pourrait trouver un nouvel élan avec l'appel à la grève nationale du 5 novembre. « On a été entendus mais on a aussi été délaissés, parfois méprisés », estime Joseph.

Agnès, professeure de mathématiques croisée dans le cortège, juge les annonces du gouvernement « ridicules ». Elle affirme que « les jeunes n'en sont pas dupes » et tient une pancarte : « Fière de mes élèves ».

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