Le PIB recule de 0,1 % au troisième trimestre en France, et le ministre déplore "une économie à l'arrêt"

Le PIB recule de 0,1 % au troisième trimestre en France, et le ministre déplore "une économie à l'arrêt"

Le produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 0,1 % au troisième trimestre, a annoncé vendredi 30 octobre l'Institut national de la statistique (Insee). Après une stagnation au deuxième trimestre et un repli de 0,2 % au premier, "l'acquis de croissance" atteint 0,2 %, ce qui rend difficile l'objectif de 0,5 % pronostiqué par le gouvernement.

Ces chiffres interviennent alors que les Français manifestent depuis mi-octobre contre la vie chère. Sur franceinfo TV, vendredi, Roland Lescure, ministre de l'Économie et des Finances, a jugé que "l'économie française est à l'arrêt sous la conjonction inédite de chocs externes et internes". Il a rappelé que "cela fait trois trimestres que la croissance n'est pas au rendez-vous".

Selon le ministre, ce qui a manqué au troisième trimestre tient "à la baisse de la production agricole à cause de la canicule et à la baisse de la production énergétique". "Il faut que redémarre", a-t-il ajouté, estimant qu'"il faut redonner confiance et pour cela, avoir un budget est essentiel".

Un commerce extérieur qui pèse sur l'activité

Le recul de l'activité s'explique principalement par une forte contraction des exportations, en baisse de 1,7 % après une hausse de 2,8 % au deuxième trimestre. Les matériels de transport, notamment l'aéronautique, sont particulièrement touchés, avec une baisse de 9,1 % malgré une hausse de 20,8 % au trimestre précédent.

Les importations sont restées quasiment stables, avec une hausse de 0,1 %. Le commerce extérieur affiche ainsi une contribution négative de 0,6 point à la croissance du troisième trimestre.

Une demande intérieure qui atténue le repli

La demande intérieure finale limite toutefois ce recul. La consommation des ménages progresse de 0,4 % sur le trimestre, après une hausse de 0,2 % au printemps. Elle est portée notamment par les achats de véhicules électriques, le rebond des dépenses d'énergie et la hausse de la consommation de services, en particulier dans l'hébergement-restauration et les loisirs. La consommation des administrations publiques augmente de 0,3 %.

À l'inverse, l'investissement recule encore de 0,6 %, du fait notamment d'une baisse de 0,5 % dans la construction et d'une chute de 1,9 % dans les produits manufacturés, en particulier les matériels de transport. Au total, la demande intérieure contribue pour +0,1 point à l'évolution du PIB.

Du côté de l'offre, la production manufacturière se contracte de 1,4 %, avec des baisses marquées dans les matériels de transport (-3,5 %) et l'agroalimentaire (-1,5 %). La construction recule de 0,4 %. Les services marchands continuent en revanche de progresser, de 0,3 %, grâce en particulier à l'information-communication, aux services aux ménages et aux services de transport.

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