Homologué depuis mai, le TGV M n'a toujours transporté aucun client. Le 11 septembre 2026, SNCF Voyageurs et Alstom ont de nouveau repoussé sa mise en service sur Paris-Marseille, désormais annoncée "dans le courant de l'automne 2026". L'automne a commencé, et personne n'a donné de date.
- Le TGV M est homologué mais pas encore en service, il sera lancé cet automne.
- Des retards et des réglages restent nécessaires pour garantir la fiabilité et le confort.
- La production suit le planning, mais la mise en service continue d'être repoussée.
- Le train sera testé intensément avant sa commercialisation, avec une capacité accrue.
Le train roule. Il est homologué, il a même accumulé 45 000 kilomètres d'essais depuis sa livraison, selon L'Usine Nouvelle. Ce qui lui manque, ce sont des passagers. Dans leur communiqué commun, repris par l'AFP, les deux partenaires disent avoir "confirmé le bon fonctionnement global du train". Ils préfèrent pourtant prolonger la "phase de mise au point" pour des "réglages et améliorations" touchant au confort des voyageurs et au service à bord.
Une fenêtre de lancement qui se referme le 21 décembre 2026
Traduite en calendrier, la promesse laisse de la marge : l'AFP la situe entre le 23 septembre et le 21 décembre. Nous y sommes. Le communiqué ne donne qu'une indication de rythme : les réglages "doivent être apportés par Alstom dans les prochaines semaines, avant de lancer l'exploitation commerciale du train".
Côté SNCF, on assume un choix inhabituel. "D'habitude, nous mettons en service commercial les nouveaux trains, puis nous avons une période de rodage de plusieurs mois. Dans ce cas, nous préférons boucler les réglages au maximum avant la mise en service", explique-t-on chez SNCF Voyageurs. Autrement dit, l'opérateur préfère découvrir les pannes de jeunesse sans clients à bord, quitte à laisser filer une échéance de plus.
Capteurs, ascenseur et caisses du bar : ce qui coince encore
La liste n'a rien de dramatique. Il reste des capteurs à régler et des équipements à rendre plus simples d'usage pour les personnes en situation de handicap, dont un ascenseur pour personnes à mobilité réduite d'après L'Usine Nouvelle. La voiture-bar pose aussi problème. Le détail le plus concret est rapporté par ICI : le temps de réponse des caisses enregistreuses du bar dépend du niveau d'alimentation électrique, lequel varie selon la région traversée.
Un bar qui rame en changeant de région, c'est typiquement le défaut qu'on ne veut pas découvrir avec une file de clients devant le comptoir.
2 000 salariés et 1 600 clients mystères pour tester le train
Ces défauts sont remontés d'un roulage pré-commercial de plusieurs semaines, mené cet été sur le réseau. Plus de 2 000 salariés de la SNCF et d'Alstom y ont participé, avec 1 600 clients mystères. Le communiqué, cité par L'Usine Nouvelle, affirme que plus de neuf clients sur dix ont exprimé un avis positif ou très positif sur l'expérience. Le score est flatteur, mais il n'a pas suffi.
Cinq reports depuis la promesse des Jeux olympiques de Paris 2024
Au départ, le TGV M devait accueillir ses premiers voyageurs avant les JO de Paris, en 2024. Le calendrier a glissé vers 2025, puis vers début 2026. En décembre 2025, Alstom visait encore le 1er juillet 2026. Le 29 mai, l'agence ferroviaire européenne (ERA) a enfin délivré l'autorisation de mise sur le marché, et le constructeur a annoncé des premiers voyageurs "à la rentrée début septembre", après ce fameux roulage estival.
La rentrée est passée. Commandées à partir de 2018, les rames devaient initialement arriver fin 2023. L'Usine Nouvelle chiffre à plus de deux ans le retard accumulé sur la mise en service française. 740 places et 13 rames d'ici fin 2026 : l'usine, elle, tient le rythme
Paradoxe : la production suit mieux son plan que le calendrier commercial. Six rames étaient livrées fin août, conformément au planning arrêté par SNCF Voyageurs et Alstom, et treize sont attendues d'ici la fin de l'année.
Le TGV M est la cinquième génération de TGV. Alstom l'a baptisé Avelia Horizon, et il roulera sous la marque TGV Inoui. Selon la SNCF, il embarque jusqu'à 740 places, soit environ 20 % de capacité en plus que la génération actuelle, et se veut 20 % plus économe en énergie. Des batteries doivent aussi maintenir certains services en cas de coupure d'alimentation. SNCF Voyageurs revendique 160 rames commandées au total, pour plus de 5 milliards d'euros. Une trentaine iront aux liaisons Eurostar sous la Manche.
En Italie, le TGV M n'est pas attendu avant 2028
Paris-Marseille ouvrira le bal, le reste attendra. En Italie, 15 rames devaient permettre à SNCF Voyageurs de lancer son service commercial en 2026, puis en septembre 2027. Selon L'Usine Nouvelle, l'échéance a glissé au deuxième trimestre 2028. Pour Paris-Marseille, ni la SNCF ni Alstom n'ont voulu, cette fois, avancer le moindre jour.
