Emmanuel Macron : "Vous êtes tous trop durs avec moi", révèle un livre de Françoise Degois

Emmanuel Macron : "Vous êtes tous trop durs avec moi", révèle un livre de Françoise Degois

Dans un livre intitulé « Vous êtes tous trop durs avec moi », publié jeudi 5 novembre, l'ancienne conseillère de Ségolène Royal et ex-journaliste politique à France Inter Françoise Degois rend publics ses échanges privés avec Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat y évoque la dissolution, le Rassemblement national, Gabriel Attal ou son avenir après l'Elysée.

Des extraits de ces messages ont été dévoilés par Le Figaro et Marianne. Les échanges ont débuté à l'été 2024 sur la messagerie Telegram, lorsque le président a pris l'initiative de remercier Françoise Degois d'avoir soutenu sur X Brigitte Macron, visée par des messages complotistes l'accusant d'être un homme. Selon les informations de franceinfo, l'Elysée n'a été prévenu de la parution de l'ouvrage que le 2 novembre.

La publication rappelle celle, en octobre 2016, de Un président ne devrait pas dire ça, de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, journalistes du Monde, qui retranscrivaient leurs conversations avec François Hollande. Ce livre avait, en partie, mis fin aux ambitions du président socialiste d'un second mandat. Mais Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, la Constitution le lui interdisant, et il ne savait pas que ses textos seraient publiés.

Un proche du chef de l'Etat s'agace de la méthode : « Il revient à chacun d'apprécier la méthode. Si on divulguait les conversations privées de n'importe qui pendant deux ans, bien peu pourraient défendre une telle cohérence entre les propos privés et les propos publics. » Du côté de l'éditeur, on rappelle que l'éditorialiste Franz-Olivier Giesbert avait lui aussi utilisé dans ses livres des entretiens menés avec des présidents de la République, sans leur avoir dit au départ qu'il comptait les retranscrire.

Sur la dissolution et le RN

La dissolution de juin 2024 reste la grande décision politique du second quinquennat. Dans ses échanges avec Françoise Degois, Emmanuel Macron la défend, alors qu'elle a été contestée jusque dans son propre camp. « Cette dissolution, qui m'a tant coûté à tous égards, a quand même bloqué le RN là. J'en suis sûr. Il était prêt pour l'automne mais pas pour juin. C'est une des raisons de mon choix », écrit-il. Il conteste aussi la victoire de la gauche, alliée sous les couleurs du Nouveau Front populaire, arrivée en tête en nombre de sièges sans obtenir la majorité absolue. « Vous n'avez pas gagné. C'est le RN qui a gagné », argue-t-il.

Interrogé sur la montée de l'extrême droite, il affirme en octobre 2025 : « La machine veut du sang. Elle veut le RN. » Il estime aussi que Marine Le Pen ne pourra pas dissimuler longtemps « son tropisme naturel, sa pente naturelle, pro-Poutine et pro-MAGA ». « La présidentielle, c'est la vérité des prix », ajoute-t-il, dans un échange non daté.

Face aux appels à sa démission après la censure du gouvernement de Michel Barnier, puis les difficultés de François Bayrou à former un gouvernement en décembre 2024, il répond : « Démissionner ? Jamais ! Pour aucune raison ! »

Sur les retraites

La réforme des retraites, suspendue en mars 2020 à l'arrivée du Covid, puis adoptée par un 49.3 sous Elisabeth Borne, revient à l'automne 2025, sous Sébastien Lecornu. Le 14 octobre, le Premier ministre annonce dans sa déclaration de politique générale qu'il fait sienne la demande des socialistes de suspendre la réforme. Dans les messages, Emmanuel Macron défend son texte : « Pour le pays, c'est une immense connerie, et c'est évident qu'on doit la faire et qu'il faudra aller plus loin. » Il ajoute : « Si on suspend la réforme, je peux vous dire que c'est bien le pays qu'on met dans la merde. » La réforme sera finalement suspendue.

Sur Gabriel Attal et son avenir

Dans ses échanges, le président critique son ancien Premier ministre, évincé par la dissolution de l'été 2024. « On lui a trop tout donné. Tout le temps. Trop », cingle-t-il, à propos de la stratégie de Gabriel Attal, qui lance sa candidature à la présidentielle. Il trouve en revanche des qualités à Olivier Faure, premier secrétaire du PS, qu'il dit « un homme qui a le sens de l'Etat, de la responsabilité ».

Quant à son avenir, Emmanuel Macron évoque un possible poste chez le milliardaire Xavier Niel, selon une information du JDD. Il qualifie cette hypothèse de « grand n'importe quoi absolu », avant d'ajouter : « Je n'irai chez personne. Je préfère un petit chez moi qu'un grand chez les autres. En tout cas, si j'en fais du business, ce sera le mien et je pense plutôt hors de France. Mais je ne serai ni leur employé ni leur obligé. Jamais. »

Avatar

La rédaction a publié 445 articles sur Ze mag depuis 2026.