L'intersyndicale d'Ile-de-France a saisi la justice, mardi 3 novembre, pour contester le refus de la préfecture de police de Paris de prendre acte du tracé de la manifestation intersyndicale prévue jeudi 5 novembre entre la Bastille et la Concorde. Les organisations demandent la publication et la suspension d'un éventuel arrêté d'interdiction.
Un recours en référé
Les syndicats ont attaqué la préfecture de police en référé pour obtenir la publication d'un potentiel arrêté d'interdiction de manifester sur ce parcours. Ces procédures visent à obliger le préfet à publier, « dans un délai raisonnable propre à garantir le droit effectif à un recours », c'est-à-dire avant « mercredi 14 heures », les arrêtés d'interdiction qu'il pourrait prendre sur le tracé Bastille-Concorde, « déclaré dès le 21 octobre dernier par l'intersyndicale », a indiqué à l'AFP Chirinne Ardakani, avocate de l'Unef.
Sur le réseau social X, la même avocate a exposé la démarche : « Face au refus de la préfecture de police de prendre acte du tracé Bastille-Concorde pour la manif intersyndicale du 5 novembre, mes consœurs et confrères avocat-es de la CFDT, de la FSU, Solidaires, FO, CGT et de l'UNEF saisissons le tribunal administratif. »
Les syndicats demandent également au tribunal de suspendre l'arrêté d'interdiction, estimant que « cette décision existe déjà ». Ils s'appuient notamment sur des « échanges informels » entre les services de la préfecture et des représentants syndicaux allant dans ce sens.
Un parcours alternatif incertain
Les organisations disent ne disposer d'aucune information sur un éventuel parcours de substitution. Marion Ogier, avocate de Solidaires, a souligné auprès de l'AFP : « On n'a pas d'informations sur le parcours alternatif s'il devait y en avoir un, c'est-à-dire qu'on ne sait pas à ce stade si on est sur une interdiction totale de manifester ou bien si c'est une interdiction partielle dans la mesure où un tracé alternatif nous serait imposé, ce qui empêche nos clients de sécuriser, d'anticiper le cortège. »
L'audience devant le tribunal administratif est prévue mercredi à 9h30.
Un bras de fer sur les tracés
Depuis la journée de mobilisation du 17 octobre, ponctuée de violences et pillages dans plusieurs villes du pays, les tracés des manifestations font l'objet d'un bras de fer entre les autorités et les organisateurs. Ces derniers dénoncent l'imposition de parcours plus excentrés.
