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Sous-marin nucléaire lanceur d'engins : "se préparer au pire pour être sûr qu'il n'arrive pas"

Sous-marin nucléaire lanceur d'engins : "se préparer au pire pour être sûr qu'il n'arrive pas"

Le magazine « Envoyé spécial » a embarqué à bord du "Téméraire", l'un des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la Marine nationale. Pendant cinq jours en plongée sous la surface de l'Atlantique, les journalistes ont assisté à un exercice de tir de missiles.

Le SNLE peut recevoir un ordre de tir, transmis sous forme de communication cryptée émanant du président de la République. Le sous-marin emporte 16 missiles nucléaires M51, dont la puissance totale représente, selon le reportage, plusieurs centaines de fois celle des bombes d'Hiroshima et de Nagasaki. Leur portée, classée "secret Défense", dépasserait toutefois les 10 000 kilomètres, selon ce même reportage.

Pour éviter toute action inconsidérée, le tir ne peut être déclenché par une seule personne : il doit être contrôlé à la fois par le commandant du sous-marin et son second. À bord du Téméraire, le commandant Nicolas et son adjoint se séparent dès la réception du message présidentiel pour rejoindre deux postes de contrôle très éloignés l'un de l'autre. Ils doivent y composer simultanément un code.

À partir de la console de lancement, que les journalistes ont interdiction de filmer, même pendant un simple exercice, le tir est effectué depuis le bateau en plongée. Une première étape consiste à charger dans la mémoire de guidage du missile un plan de tir contenant les informations relatives à sa trajectoire et à sa cible, cible qui reste ignorée du commandant et de son second.

Une salve, puis la plongée

Le sous-marin remonte près de la surface, puis se stabilise. Une fois "paré pour le combat", vient la "phase lancement". Un premier missile est tiré, trois autres suivent. Lorsque la totalité de la salve ordonnée a été lancée, la mission consiste à "se diluer", c'est-à-dire plonger et disparaître sous la surface pour repartir dans les océans, explique le commandant Nicolas.

S'ils étaient réellement tirés, ces missiles pourraient, selon le reportage, faire des millions de morts en quelques secondes. En vingt-cinq ans de carrière dans la marine, le commandant Nicolas dit avoir eu le temps d'y réfléchir et s'être construit des barrières psychologiques. Il ne s'agit pas de menacer qui que ce soit, expose-t-il, mais de défendre "ce qui s'appelle des intérêts vitaux, c'est-à-dire notre capacité à vivre libres et souverains". Si ceux-ci étaient menacés, "on serait capables de réagir tellement fort que cet ennemi renoncerait à nous attaquer".

"L'arme nucléaire est strictement défensive. La dissuasion, ça consiste à dire "Je suis capable de te faire tellement mal que ça ne vaut pas le coup d'attaquer"." Ces propos sont ceux du commandant Nicolas, du SNLE "Le Téméraire", cités dans "Envoyé spécial".

Une dissuasion présentée comme défensive

Pouvoir causer des dizaines de millions de morts en un seul geste est une responsabilité que peu d'êtres humains dans l'Histoire ont eue. Pour le commandant Nicolas, cet outil, "terrible", dont la nation a décidé de se doter, est "en soi facteur de paix, et permet de préserver la paix depuis que la logique de dissuasion a été mise en place à la sortie de la Seconde Guerre mondiale".

Ce principe "fonctionne", affirme-t-il, et il est "peut-être, probablement, ce qui permettra à ses enfants de vivre libres et en paix". L'extrait, intitulé "Immersion en eaux profondes", est à voir dans "Envoyé spécial" diffusé le 29 octobre 2026.

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