Une mère de famille soupçonnée d'avoir agressé la directrice et une enseignante d'une école maternelle de Nice, dans les Alpes-Maritimes, a été mise en examen et placée en détention provisoire, a annoncé le parquet de Nice dans un communiqué, mercredi 4 novembre. Cette femme de 36 ans est poursuivie notamment pour "tentatives de meurtre sur un enseignant ou tout membre du personnel travaillant dans un établissement scolaire".
Une visite armée à l'école
Selon le procureur Damien Martinelli, la femme s'est présentée lundi, vers 9 heures, à l'accueil de l'établissement, situé près du centre de Nice, en demandant à rencontrer la directrice en urgence. "D'après les premiers éléments reçus par cette dernière, l'intéressée la menaçait en pointant une arme à feu dans sa direction et en portant des accusations sur des faits d'agressions sexuelles dont un de ses enfants aurait été victime", a-t-il expliqué dans un communiqué publié lundi soir.
Le magistrat décrit ensuite une série de gestes. La suspecte aurait donné une gifle à la directrice, puis lui aurait tiré les cheveux, avant de ranger son arme à sa ceinture et de la gifler à nouveau. "Elle reprenait son arme et en actionnait la queue de détente en la pointant en direction de cette dernière, sans qu'un coup ne parte, et en précisant n'avoir que deux balles", a-t-il détaillé.
En quittant le bureau, la femme a croisé une enseignante, à laquelle elle a adressé les mêmes accusations. Elle l'a giflée, puis a pointé son arme dans sa direction après en avoir actionné la détente. Elle a ensuite quitté l'établissement.
Selon le parquet de Nice, mardi soir, la mère de famille a enregistré sur son téléphone une partie des faits et a fini par exprimer des regrets lors d'une deuxième audition en garde à vue. Le parquet indique également que, pendant son transport "à l'occasion des mesures de perquisition", la suspecte a tenté "de s'échapper du véhicule de police". Dans le cadre de sa garde à vue, elle a fait l'objet d'un examen psychiatrique, qui n'a pas mis en évidence la nécessité d'une hospitalisation.
Un statut administratif et judiciaire complexe
Le parquet précise que la femme ne fait plus l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Elle est toutefois en situation irrégulière sur le territoire national et fait l'objet d'une interdiction administrative du territoire (IAT), assortie d'une assignation à résidence ministérielle depuis fin 2023. Renouvelée à cinq reprises, cette assignation comporte une obligation quotidienne de pointage, actuellement respectée, ainsi qu'un retrait de son passeport.
La suspecte, qui a déclaré posséder les nationalités tunisienne et italienne, a déjà été condamnée en 2019 et en 2023 pour des faits de violences avec armes. Elle est également connue des services du renseignement territorial. Éloignée vers la Tunisie en juin 2019 à la suite d'une OQTF, elle a par la suite fait l'objet d'une interdiction administrative prise en décembre 2019, qui lui a été notifiée à l'issue d'une procédure d'aide à l'entrée irrégulière, pour laquelle elle a été condamnée en 2023. Le parquet indique qu'elle a bénéficié en 2022 du statut de réfugié accordé par les autorités italiennes, après être entrée sur ce territoire en novembre 2020.
Mère de quatre enfants, nés en 2008,2016,2021 et 2022, la femme se présente comme aide-soignante. Deux de ses enfants sont scolarisés dans cette école maternelle. Elle est séparée du père des deux plus jeunes, le dernier étant né à Nice et ayant la nationalité française, selon le parquet. Son ex-conjoint, également de nationalité française, a été mis en examen pour tentative d'homicide et violences habituelles sur conjoint, dans le cadre d'une information judiciaire suivie au tribunal judiciaire de Nice, où la trentenaire s'est constituée partie civile. Il est actuellement placé sous contrôle judiciaire. La mère de famille est titulaire de l'autorité parentale exclusive sur ses deux derniers enfants, dont elle a la garde.
Un accompagnement des victimes
Le parquet de Nice tient enfin à souligner "le sang-froid particulier" des victimes de l'agression. Elles vont faire l'objet d'un accompagnement spécifique par une association d'aide aux victimes, en complément de la prise en charge déjà engagée par les services de l'Education nationale.
