Trois jours avant l'attentat de Trappes, Kevin T. avait été interpellé après avoir frappé un homme noir, selon une source proche de l'enquête. Relâché, il a été mis en examen jeudi 29 octobre par un juge antiterroriste, notamment pour assassinat et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste.
Une agression dans une station-service
Selon une source proche de l'enquête, qui confirme une information de Mediapart, les faits se sont déroulés dans une station-service des Yvelines. Kevin T. intervenait alors dans le cadre de son travail. La victime lui aurait demandé de déplacer son véhicule, d'après la même source. Le suspect aurait alors utilisé une bombe lacrymogène, avant de frapper violemment cet homme après lui avoir aspergé le visage de gaz.
Interpellé par des policiers, l'homme de 39 ans a été relâché. Il devait être entendu au commissariat de Levallois-Perret le jour même de l'attentat.
Les critiques de l'avocat des victimes
Yassine Bouzrou, avocat de plusieurs victimes de l'attentat raciste de Trappes et La Verrière, dont un homme dont le pronostic vital est engagé, indique avoir appris « avec stupéfaction l'agression raciste trois jours avant les faits ». « Il y a eu plusieurs ratés », regrette-t-il sur franceinfo.
Il s'interroge : « Pourquoi la justice n'a-t-elle pas traité cette affaire comme elle aurait dû le faire ? Ça aurait peut-être évité cet attentat, car une agression à caractère raciste sur la voie publique ne se solde normalement pas par une absence de poursuites. La plupart des gens passent en comparution immédiate. »
Une mise en examen pour terrorisme
Le suspect a été mis en examen pour « assassinat, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée », indique le Parquet national antiterroriste à franceinfo, jeudi 29 octobre.
Il est également mis en examen pour « tentative de destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes en relation avec une entreprise terroriste », pour « acquisition, transport et détention non autorisée de matériel de guerre, armes, munitions et de leurs éléments de catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste », ainsi que pour « association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteinte aux personnes ». Il doit être présenté à un juge des libertés et de la détention, qui décidera de son placement ou non en détention provisoire.
