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Manifestations du samedi 31 octobre : cortèges autorisés et dispositif de sécurité, à quoi faut-il s'attendre ?

Manifestations du samedi 31 octobre : cortèges autorisés et dispositif de sécurité, à quoi faut-il s'attendre ?

Face à un risque « très élevé » de débordements, Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, prévoit de mobiliser quelque 70 000 membres des forces de l'ordre pour la journée de manifestations du samedi 31 octobre. Cette mobilisation, qui se tient pour le troisième week-end de suite, intervient après celles des 17 et 24 octobre, où des centaines de milliers de personnes avaient manifesté dans toute la France.

La mobilisation se poursuit, et les causes dénoncées sont multiples : la vie chère, les moyens insuffisants de l'Education nationale ou encore la gestion policière du mouvement lycéen.

179 manifestations prévues

Dès le samedi 24 octobre, les gilets jaunes ont appelé à un « acte 3 pour nos libertés » et ont donné rendez-vous pour le 31 octobre. Benjamin Ball, porte-parole de la coordination des gilets jaunes, affirme que l'objectif de cette journée est la « convergence des luttes », notamment avec la jeunesse. Le mouvement dénombre 179 manifestations organisées partout en France, selon son site internet.

L'intersyndicale de la jeunesse, qui rassemble des syndicats étudiants comme L'Union étudiante, La Fage et l'Unef ainsi que l'Union syndicale lycéenne (USL), a également appelé à descendre dans la rue, malgré les promesses du gouvernement de remplacer Parcoursup, de créer des places dans l'enseignement supérieur ou de réduire le nombre d'élèves par classe. Certaines organisations lycéennes se sont félicitées d'annonces allant « dans sens », mais elles veulent « continuer la mobilisation », le temps « d'avoir des retours très concrets du terrain », selon Nathanaël Combary, figure du mouvement des blocus de lycées. Plusieurs syndicats appellent aussi à des mobilisations locales, dont la CGT, la FSU et Solidaires.

Un risque « très élevé » de violences

Dans un document adressé à tous les préfets, Laurent Nuñez alerte sur le risque « très élevé » de violences urbaines, « du début de soirée jusque tard dans la nuit ». Il évoque également « de nombreux appels » à se rassembler « dans les centres-villes, sur toutes les places publiques, au prétexte de la fête d'Halloween ». Des collectifs appellent notamment à « une nuit des ténèbres », une référence à un message attribué à des policiers tentant de se faire passer pour des lycéens.

Lors d'une conférence de presse, le ministre a fait état « de nombreux appels à faire dégénérer ces rassemblements publics », émanant de « mouvances radicalisées » sur les réseaux sociaux. « Ces rassemblements seront bien évidemment interdits par les préfets, a-t-il déclaré. Ce sont des appels très clairs au fait de commettre des violences, des exactions, des débordements. » Il affirme que « la réponse qui sera apportée sera de la plus grande fermeté ».

Un dispositif de 70 000 membres des forces de l'ordre

Dans sa note aux préfets, Laurent Nuñez demande aux forces de l'ordre de « travailler dans le même esprit que le 24 octobre » et d'éviter, comme le week-end précédent, les cortèges dans les centres-villes. À Paris, la préfecture de police a refusé le parcours de l'intersyndicale entre Bastille et Nation en raison de « risques de violences », renforcés selon elle par la « fête d'Halloween », qui constitue « un risque supplémentaire ». Par arrêté pris vendredi 30 octobre, elle a imposé un parcours reliant la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, en passant par les boulevards des Maréchaux, avec un départ à 14 heures.

En conférence de presse, le ministre a décrit un « dispositif policier extrêmement important » avec « 70 000 effectifs » mobilisés, soit le même nombre que le samedi 24 octobre, date à laquelle certains d'entre eux étaient chargés de sécuriser le congrès du Rassemblement national à Orléans. Comme la semaine précédente, des effectifs du Raid seront déployés « pour protéger les bâtiments publics les plus exposés ». Ils pourront être mobilisés en cas de « besoin urgent et impérieux ».

La préfecture de police de Paris a également ordonné, vendredi 30 octobre, la mise en place d'un couvre-feu dans les secteurs de la place de la République et de Châtelet-Les Halles, de 23 heures à 6 heures, pour les nuits de samedi à dimanche, puis de dimanche à lundi. Des couvre-feux concernent aussi les mineurs non accompagnés dans d'autres villes, notamment à Bordeaux, Avignon, Marseille et au Mans.

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