Les pays réunis à la COP17 sur la biodiversité, à Erevan, en Arménie, se sont accordés dans la nuit de vendredi 30 à samedi 31 octobre sur deux textes clés pour la protection de la nature. Ce compromis intervient au terme de deux semaines de négociations, qui ont mis en lumière des divergences persistantes sur certains sujets. La ministre française de la Transition écologique juge pour sa part le bilan de la conférence « pas à la hauteur des enjeux ».
Peu après l'ouverture nocturne de la session finale, des applaudissements ont retenti lorsque le ministre arménien de l'Environnement, Hambardzum Matevosyan, a annoncé l'adoption de deux textes ayant fait l'objet de compromis. « Et voilà. Parfait », a-t-il déclaré, visiblement soulagé.
Un « examen mondial » de l'accord de Kunming-Montréal
Le premier texte doit représenter un « examen mondial » de l'accord sur la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022 et considéré comme l'équivalent de l'Accord de Paris sur le climat. Cet accord fixe 23 objectifs à respecter d'ici 2030, parmi lesquels la protection de 30 % des terres et des océans, la lutte contre la pollution et la restauration des écosystèmes dégradés. Quasiment tous sont en retard, selon le texte de la source, et le document adopté à la COP17 vise à remettre les États sur les rails.
« Bien que le texte ne soit ni particulièrement exaltant ni détaillé, le simple fait que les pays ont pu trouver un accord est une bonne nouvelle », a estimé Catherine Weller, de l'ONG Fauna et Flora. Dans un document de travail, les pays étaient appelés à « accélérer » leurs efforts, et un « renforcement des mesures » visant à s'attaquer aux causes profondes de la perte de biodiversité était jugé nécessaire, sous plusieurs formulations.
Pendant les négociations, la question des subventions et autres incitations aux activités nuisibles à la nature, comme l'exploitation pétrolière, a été vivement discutée. « Même si la décision finale le dit en des termes assez faibles, on a senti un élan politique important sur le sujet des incitations financières néfastes, y compris sur les subventions », a estimé An Lambrechts, de Greenpeace International, à l'AFP.
Qui doit payer ?
Le second texte adopté concerne le financement, et plus précisément la question de savoir qui doit payer pour atteindre les objectifs financiers fixés pour 2030, alors que les finances publiques sont dégradées partout dans le monde. Pendant la COP, l'Union européenne a tenté de convaincre les grands pays émergents, notamment la Chine, d'entrer sur la liste officielle des donateurs, qui n'a pas été actualisée depuis 2006.
Dans un document de travail, il était proposé que des États puissent se manifester volontairement s'ils souhaitent figurer sur cette liste. « Les discussions sur l'élargissement de la base des pays contributeurs progressent et devront se poursuivre », a relevé la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, dans une déclaration transmise à l'AFP. Pour elle, le bilan de la COP17 dans son ensemble n'est pas à la hauteur des enjeux. « Les avancées que nous n'avons pas réussi à obtenir ici sont autant d'occasions manquées d'accélérer notre réponse à la disparition de la biodiversité », ajoute-t-elle.
