Le gouvernement andorran a présenté, mercredi 28 octobre, un projet de loi qui dépénalise partiellement l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la principauté, où elle restera toutefois interdite. Issu de tractations avec le Vatican, ce texte doit encore être adopté par le parlement andorran pour entrer en vigueur.
Le projet modifie l'article du code pénal qui rend l'IVG passible de six mois d'emprisonnement pour les femmes qui l'ont pratiquée. Il prévoit d'« exonérer les femmes de toute responsabilité pénale » lorsqu'elles avortent à l'étranger, une situation qui concerne donc les femmes ayant recours à l'IVG hors de la principauté.
Enclavée entre la France et l'Espagne, la principauté d'Andorre est, avec le Vatican, le seul État d'Europe à interdire totalement l'IVG. Ses co-princes sont le président français et l'évêque de la ville espagnole d'Urgell, Josep-Lluis Serrano Pentinat, qui a visité la principauté le 28 avril 2026.
Des médecins toujours exposés à des poursuites
Pour les médecins qui pratiquent l'avortement, la situation reste inchangée. Ils risquent trois années de prison et cinq ans d'interdiction d'exercer. Selon l'exécutif andorran, la pénalisation du personnel médical sera maintenue dans la principauté par souci de « protection de la vie ».
Un texte issu de négociations avec le Saint-Siège
Le ministre des Relations institutionnelles andorran, Ladislau Baro, a souligné que le projet de loi est le résultat d'un processus de négociations avec le Saint-Siège. Il a défendu « une position claire : considérer que la protection de la vie (...) ne peut pas passer par la criminalisation de la femme qui prend la décision d'interrompre sa grossesse ».
Le texte doit désormais être examiné par le parlement, qui devra se prononcer sur la version présentée par le gouvernement.
